Une question de temps

nanatime.pngC’est une sensation étrange que celle de grandir. Lorsque l’on est enfant, le temps semble être une éternité. Adolescent, on se construit une identité en même temps que l’on conscientise notre environnement. Il devient alors une affirmation et notre vision verticale de la vie s’étalonne. Nous voyons la vie comme un nombre plus ou moins estimé d’années étalées devant nous sur un trajet allant d’un point A (la naissance) à un point B (la mort). Ce trajet étant constitué d’objectifs à atteindre qui déterminent si une vie est « réussie » ou non.

Mais nous oublions que le temps ne nous appartient pas et que chaque seconde qui passe est en réalité l’extrémité de notre vie qui se construit en pointillés, et que le passé comme l’avenir ne nous appartiennent pas.

Or, il est des moments où la réalité vient mettre un frein à notre bulle inconsciente. Nous nous réveillons alors et découvrons que nous courons chacun après des chimères. Comme si tous autour continuaient de courir sans se rendre compte qu’il existe d’autres réalités que notre bulle. C’est une sensation étrange que celle d’atterrir. On se sent seul, comme au milieu d’un aquarium plein de poissons qui s’agitent croyant avoir un but mais qui en réalité n’ont aucune cible. Ils s’épuisent après des futilités, de fausses réalités sans se soucier que la priorité se trouve ailleurs.

Un de mes mantras personnels est de de ne pas attendre de perdre une chose pour me rendre compte de la chance que j’avais de l’avoir.

À trop courir après l’avenir on n’en oublie d’en regarder le présent.

Or ralentir dans cette course pour prendre le temps de faire le point sur nos valeurs, sur ce qui nous est cher et ce que nous souhaitons pour notre vie n’est pas une perte de temps. Bien au contraire. Nous avons tendance à conserver cette vision enfantine du temps éternel avec laquelle nous nous sommes construits, mais la réalité est bel et bien que le temps est certainement notre bien le plus précieux et que nous en manquons. Il est si lent et en même temps si pesant. Il est comme un feu qui forge un métal (nous) et le met sous pression.

Prenons le temps de nous arrêter pour remettre les choses dans l’ordre et ainsi donner un véritable sens à notre vie. Prenons le temps de prendre le temps qu’il faut pour chaque étape de nos vies respectives.

Ralentir n’est pas une perte de temps, c’est une optimisation.

Il est parfois nécessaire de prendre du temps pour soi, pour apprendre à se connaître ou parfois pour prendre le temps de se réparer. Alors cette année, sans parler des « résolutions » de début d’année que l’on ne tiendra pas et qui nous mettrons plus de pression qu’autre chose, prenez un temps avec vous même pour faire le point sur vos valeurs, ce que vous souhaitez pour votre vie, qui vous êtes et quels objectifs vous font vibrer. Vous verrez alors que ce qui constitue le but même de la vie n’est pas en réalité d’accéder à un « but » mais de marcher en accords avec ses valeurs. Ce que l’on appelle « marcher avec Dieu » lorsque l’on est chrétien.

« C’est pourquoi vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas. »

Matthieu 24.44 (version Louis Segond)

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